Sapée
comme une entraîneuse de peep-show, elle m’attend sur le pas de la porte de sa chambre de
service.
- Pas
trop dur ? C’est ça de courtiser une princesse…Bienvenue dans mon donjon ! »
Trop
essoufflé pour lui répondre, je souris comme je peux et entre.
Elle
me tend une coupette remplie jusqu’à ras bord, la sienne est quasi vide.
-
J’ai commencé sans toi…C’est du mousseux mais il est bon ! »
D’une
main tremblante elle se ressert tout en m’invitant à m’asseoir.
Sur
la table basse jonchée de cendres et de came, un classeur grand ouvert rempli
de vieilles coupures de presse : Entrevue, Closer, Télé Z…Sous ses yeux
vitreux nostalgiques, je tourne les pages plastifiées : elle est partout,
mains sur les hanches, nichons en toc, bouche en cul de poule.
Elle
me narre ses 10 jours de gloire dans une télé-réalité comme si elle avait vu la
Vierge.
-
J’y croyais tellement…
- Faut
surtout croire que le cathodique rend con…
- Le
quoi ?
-
Rien…Et donc ensuite la descente…
- En
parlant de descente…C’est pas le moment !...On fume un peu ? »
Sans
attendre une réponse, elle fait fondre au briquet ce qu’il reste de son caillou
en aspirant par le stylo planté dans une canette de Kro recyclée en pipe à
crack.
Tandis
qu’elle inhale yeux mi-clos, j’en profite pour loucher piteusement sur son
décolleté XXL. En fait juste deux grosses poches de gel mais rien à faire, je
mords à pleines hormones à l’hameçon siliconé.
Face
à nous, accroché au mur, cloué sur sa croix, un Christ à la posture navrante nous considère
d’un air navré.